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13 octobre 2020: sortie à Caours (site de fouilles) puis présentation du site de la carrière Carpentier

-le site de fouilles de Caours: soit le seul site du nord de la France qui atteste de la présence de l'homme de Néanderthal, il y a 125 000 ans en Picardie! Un privilège exceptionnel dont nous avons su profiter malgré une météo peu favorable !! "Dans le tuf, les spécialistes ont surtout trouvé des silex taillés et des ossements d’animaux portant des traces de découpe pour récupérer la viande, ainsi que la moëlle, la cervelle ou la langue. Ils ont également noté des traces de combustion montrant la présence de foyers" (article du Courrier picard du 28 septembre 2015 paru sur le site du journal). 

https://www.courrier-picard.fr/art/region/quand-l-homme-de-neandertal-chassait-l-aurochs-a-caours-ia174b0n645874 

Vue d'ensemble du site actuellement fermé au public:

Temps d'échange avec M.Locht qui nous explique le fonctionnement des terrasses fluviatiles:

 

- le site de la carrière Carpentier: site préhistorique du paléolithique, classé monument historique depuis 1983, dont les fouilles ont permis à Jacque Boucher de Perthes de soutenir l'idée selon laquelle un homme "antédiluvien" existait:

 

6 Octobre 2020: visite du Musée Boucher de Perthes et découverte de quelques collections (Atelier archéo)

Pour compléter notre parcours urbain aux côtés de Juliette Catalan, nous avons pu ce jour visiter le Musée Boucher de Perthes d'Abbeville et ainsi découvrir un ensemble de pièces avec de nombreux "objets" (bifaces, restes d'animaux disparus etc.) en lien avec les travaux menés par Jacques Boucher de Perthes. 

 

Le 193 de l'OHP

Le télescope 193 de l'Observatoire de Haute-Provence.

 

e télescope a été fabriqué par le groupe Grupp et Parsons (Grande-Bretagne) et a réalisé ses premières observations en 1958. Il était à cette époque le plus performant d'Europe. Son poids total est de 70 tonnes dont 54 tonnes pour la partie mobile. Son miroir a un diamètre de 1,93m. Il a été coulé en 1937 par les Glaceries de St Gobain en France et pèse plus d'une tonne.

Aujourd'hui il ne peut rivaliser avec des instruments de nouvelle génération. Cependant il reste dédié à la recherche d'exoplanètes. Il a rendu possible la première découverte d'une exoplanète en 1995, 51 Pegasi b, alors qu'il était équipé de l'appareil « ELODIE » désormais visible dans la pièce-musée qui lui est consacrée. Depuis il a permis la détection d'une centaine d'autres planètes extrasolaires.

L'animateur qui nous a fait la visite du 195 nous a rappelé que la qualité d'une découverte est redevable de 3 facteurs :

  • la qualité de l'environnement : l'observatoire de Haute-Provence a longtemps été réputé pour la qualité de ses conditions d'observation. Le ciel y avait la réputation d'être particulièrement favorable en raison des conditions météorologiques et de l'absence de pollutions lumineuses. Ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui. Il y a de nombreuses turbulences, de plus en plus d'humidité liée au réchauffement de la Méditarranée et une multiplication des sources d'éclairage artificiel en provenance des villes qui se sont développées (Aix, Marseille, Manosque) et des campagnes qui ont également multiplié l'éclairage publique.
  • La qualité de l'instrumentation : le 193 a été longtemps réputé être l'un des meilleurs télescopes de l'Observatoire ainsi que le plus performant d' Europe. Ce n'est plus le cas mais il demeure parfaitement efficace dans la recherche d'exoplanètes, ce qui est devenu son domaine de prédilection. Pour cela il doit être muni d'instruments de prises de vue performants ou de spectrographie de la meilleure qualité. Ce fut bien le cas avec « ELODIE » et désormais avec « SOPHIE ».
  • Les compétences des astronomes et personnels servant l'instrument d'observation. L'Observatoire de haute-Provence a bénéficié de personnels qualifiés de haute compétence qui ont su observer et interpréter les images produites par le 193. A ce titre, l'OHP a, parmi ses fonctions, celle d'interpréter les images de planètes envoyées par la NASA afin d'établir leur qualité d'exoplanètes. L'instrument d'observation ne fait pas tout !

 

Quand nous approchons du 193, nous avons le sentiment d'être transportés dans les temps anciens. Effectivement, sa masse compacte et son tableau de commandes, le gigantisme de sa coupole, rappellent aux plus anciens un album d'Hergé intitulé « l'étoile mystérieuse ».

 

Le pupitre peut également évoquer les productions de l'industrie des années 50, en particulier soviétique. En vérité tout se passe dans le sous-sol de la coupole. Le 193, comme tous les grands télescopes contemporains, reçoit ses ordres d'ordinateurs qui, après avoir établi les coordonnées d'un objet céleste, déclenchent le positionnement de l'instrument. On en arrive à ce paradoxe que se plaisait à souligner notre animateur, que les astronomes d'aujourd'hui n'observent plus directement le ciel à la manière des astronomes amateurs. Ils restent confinés toute la nuit dans une enceinte de béton le regard concentré sur un écran d'ordinateur.

Il n'en était pas ainsi il y a de cela cinquante ans ! De nombreuses personnes s'agitaient dans la coupole tout autant au pied de l'instrument, à l'endroit de son poste de commande, qu'à son sommet. Une passerelle de métal témoigne encore de ce travail difficile effectué pendant des heures, souvent à de très froides températures. De nos jours tout est automatisé et l'astronome connaît la solitude dans son bunker souterrain.

L'ouverture de la coupole et sa rotation sont également pilotées. Quand nous en sortons, nous pouvons admirer les 100 hectares de chênaie sur lesquels sont disposées ça et là de nombreuses coupoles d'observation. La vue est à 360 degrés.

séance du 29 septembre 2020- sentier pédestre Atelier archéo

Allez hop, allons à la découverte du grand monsieur qui a donné son nom au lycée ! Et quoi de mieux qu'un sentier pédestre dans Abbeville sur les pas de Jacques Boucher de Perthes pour commencer? Nous aurons le plaisir d'être guidés par Juliette Catalan, venant tout droit du pôle patrimoine du Musée Boucher de Perthes d'Abbeville. 

Ne vous inquiétez pas, le pôle com' laissera les traces de cette sortie ;) En attendant, voici quelques photos recueillies ce jour: 

 

Journal de bord-voyage OHP décembre 2019

Journal de voyage :

 

Dimanche 1er décembre 2019 : Enfin ! Nous attendions ce moment avec impatience. Nous chargeons l’autocar à grande vitesse et partons à 20 heures précises. Il ne manque personne. L’aventure commence. On ne peut mieux dire puisque nous apprenons par la radio que les routes qui mènent à Saint-Michel l’Observatoire ne sont pas praticables en raison de fortes inondations. Avignon, Apt, Perthuis sont sous les eaux. Il y a cinq morts dont deux par noyade. Les chauffeurs cherchent un itinéraire de rechange. Finalement ils décident de passer par la montagne. Les routes sont étroites et les virages serrés. Nous traversons ainsi une partie du Lubéron drapé dans un manteau de nuages. Le temps passe mais nous touchons au but. Le ciel s’ouvre et laisse paraître un pâle soleil qui peinera à assécher l’atmosphère. Le village de Saint-Michel s’offre à nous, perché sur son relief. Nous pénétrons dans le « centre Astro », lieu de notre hébergement. Après un petit déjeuner réconfortant, nous débutons nos activités.

Lundi 2 décembre 2019 : installation du matériel, sidérostat et, après le déjeuner, établissement de la carte du ciel puis quête de traces fossiles sur le site. Nous apprenons, en, effet, que Saint-Michel a été le théâtre d’une occupation humaine dès le paléolithique et que des pierres y étaient taillées. L’activité, conduite sous l’autorité bienveillante de madame Morambert, est enthousiasmante ; du moins partons-nous tous confiants et assurés, persuadés que la récolte sera riche et facile. Il faut reconnaître, une fois encore, que la réalité peine à satisfaire le désir de l’homme. L’échantillonnage est resté bien maigre, pour ne pas dire plus… Certes il y a bien quelques formes inscrites dans la pierre mais guère plus assurées que celles que notre imagination se convainc de saisir dans les nuages. Sont-ce là bien des fossiles venus jusqu’à nous, attendant nos mains innocentes et fébriles, comme nous l’assure promptement madame Morambert, notre guide en cette matière, ou de simples projections de notre impatience ? Je ne sais mais tous nous voulons bien croire en la prodigalité de dame nature. D’autant plus que ces instants passés sur les terres de Provence cerclés de monts enneigés d’une blancheur étincelante sous un ciel toujours plus bleu ont été un véritable enchantement et comme la promesse d’un séjour délicieux. Il me semble que chacun d’entre nous retrouvera dans les rêves d’une nuit profonde les délices de ces temps heureux. N’est-ce pas ce qui nous importe vraiment ?

Mardi 3 décembre 2019 : Nous nous levons sous un ciel splendide. Cette journée, organisée et orchestrée par madame Morambert, est tout entière consacrée à la géologie. Nous partons à 9 heures en direction d’un site remarquable : le belvédère d’Esclangon. Pour y atteindre, nous traversons la superbe ville de Forcalquier baignée par les rayons d’un soleil matinal plongeant par-dessus les neiges de la montagne de Lure. Peu après l’autocar s’enfonce dans les gorges du Bès qui serpente avec rage entre des parois vertigineuses. Ses flots sont encore gros des fortes pluies de ces jours derniers précipitant jusqu’à son confluent des troncs d’arbre arrachés à leur sol nourricier. Nous sommes au cœur de la réserve géologique de Haute-Provence. Tout le monde descend de l’autocar plein d’allant et, sac sur le dos, nous débutons l’ascension. Notre objectif est un phénomène de la nature qui a commencé à se produire il y a 135 millions d’années : un pli dit « couché ». Ici des forces mécaniques inouïes ont modelé la roche et l’ont pliée à la manière d’un théâtre grec sur plusieurs kilomètres comme on courberait une malheureuse branche de noisetier. C’’est là le travail de dieux telluriques ayant pour forge le ventre même de la terre. Mais avant d’admirer leur œuvre, encore nous faut-il gravir la montée rude et parfois escarpée qui nous en sépare. Notre groupe s’étire rapidement et, semblable aux agrégats de roches qui composent les coulées de terre rouge, se fractionne relativement à la volonté et aux forces de chacun. Les uns avalent le dénivelé tout en devisant sur la beauté des paysages pendant que d’autres peinent à la tâche et n’ont pour seul horizon que leurs pas toujours plus lourds et récalcitrants. Le souffle se fait court et chaque autel de pierre devient une tentation. « Je n’en peux plus ! Laissez-moi là ; vous me retrouverez au retour ». Et il faut toujours, par les ressources de l’argumentation, ranimer cette volonté qui s’éteint. Enfin nous arrivons au bout de notre course, à 1500 mètres d’altitude, et l’œil suivant la ligne de crête, subjugué par ce qu’il perçoit, efface dans l’instant les sombres calculs de la lutte contre soi : ici règne la puissance du sublime qui ramène chacun à sa petitesse tout en nous faisant sentir notre vraie destination. Nous sommes faits, nous semble-t-il, pour goûter l’infini dans ses manifestations grandioses telles que les hauts sommets, le ciel étoilé, le désert ou encore l’océan. Cependant notre temps est compté et il nous faut maintenant repartir. Déjà nous devinons les méandres du Bès et avant que de nous poser sur ses rives, un grand chien à la robe singulière, vient à notre rencontre et nous escorte jusqu’aux ravines, pareil au chien d’Ulysse, son maître, lequel de retour à Ithaque après un très long périple qui l’a mesuré aux puissances surnaturelles, les dieux, les monstres et les magiciennes, et bien que grimé en mendiant, est par lui aussitôt reconnu. Il est temps de retrouver le cours de ce monde. Nous nous engouffrons dans l’autocar et reprenons la route de Dignes.

Mercredi 4 décembre 2019 : Nous passons la journée à l’Observatoire de Haute-Provence. Depuis notre lieu d’hébergement situé à Saint-Michel l’Observatoire, il faut une heure de marche en crochetant par la chapelle Saint Jean, l’un des plus anciens édifices chrétiens de France. L’autel qui trône dans l’abside a mille ans. La chapelle fut un lieu d’ermitage particulièrement rude. Nous y sommes accueillis par madame Dubourg, son actuelle protectrice, toute dévouée à la mémoire des lieux. Elle aime conter son histoire et ses récits fourmillent d’anecdotes. On devine sans peine une foi ardente qui l’anime devant laquelle sa raison s’est inclinée. Elle nous parle du déluge et de l’arche de Noë comme elle nous parlerait du temps qu’il fait. A quelques centaines de mètres de là s’élève l’observatoire de Haute-Provence tout entier dédié au travail scientifique. Le contraste est saisissant. D’un côté la petite chapelle hantée par la frêle silhouette d’une vieille femme ouvrant sur une allée d’arbres centenaires et de l’autre une collection de blanches coupoles dominant la chênaie habitées dans leur sous-sol par un collège d’astronomes et de techniciens affairés auxquelles on accède par un ruban de bitume taillé au cordeau. Ils collectent et traitent des millions de données grâce à de puissants télescopes braqués vers l’infini du ciel étoilé couplés à des calculateurs de dernier cri. C’est le royaume de la raison et du complexe technoscientifique. Ici même la première planète extrasolaire a été découverte en 1995 : 51 PEG. Depuis on en découvre presque chaque jour. Dans le monde entier des télescopes sont dédiés à cette exploration. Mais que recherche-t-on vraiment sinon des planètes susceptibles d’abriter la vie. Y en -a-t-il ? On ne sait pas vraiment mais il y a des milliards de prétendantes partout dans l’univers et la probabilité qu’elles portent la vie tend vers 100, en raison de la loi des grands nombres… comme elle peut tout aussi bien tendre vers 0 ! Là aussi nous sommes au carrefour de nos plus grandes incertitudes, cela parce que nous nous trouvons au cœur de grandes questions. Il y a ceux qui cherchent et qui trouvent, disait Pascal, ceux qui cherchent et qui ne trouvent pas ; et enfin, tous ceux qui trouvent ce qu’ils ne cherchent pas. J’ose à peine rappeler qu’il y malheureusement ceux qui ne cherchent ni ne trouvent. La vieille dame de la chapelle a certainement trouvé ce qu’elle cherchait et c’est la raison pour laquelle elle rayonne d’une foi et d’une paix intérieure que rien ne semble pouvoir troubler. Est-elle dans le vrai ? Nul ne sait. Et puis il y a tous ces savants qui peuvent passer des nuits entières sous leur télescope, murés dans un bloc de béton, balayant le ciel espérant trouver une réponse à une vraie question : sommes-nous seuls dans l’univers ? Ils cherchent. Peut-être trouveront-ils ce qu’ils cherchent ; peut-être pas. Peut-être, aussi, trouveront-ils ce qu’ils ne cherchent pas…

Jeudi 5 décembre 2019 : La matinée est consacrée aux ateliers. Un groupe a travaillé sur le traitement de l’image astronomique sous la responsabilité d’Olivier et de Romuald, nos animateurs. L’autre groupe s’est consacré aux mouvements des plaques, plus précisément aux phénomènes de compression et aux nappes de charriage. Pendant ce temps, quelques élèves sous la responsabilité de Patrick Hamptaux ont monté l’antenne Yagi qui a reçu de nombreux signaux dont une conversation improbable échangée entre Nice et Forcalquier. L’après-midi nous nous rendons au village de Saint-Michel l’Observatoire. Depuis son sommet on aperçoit toute la montagne de la Lure. On domine également la chênaie au milieu de laquelle est implanté l’Observatoire de Haute-Provence. Nous décidons de poursuivre notre pérégrination par un chemin de crête et des paysages magnifiques s’offrent à nos yeux dont certains évoquent les collines de Toscane. Le thym embaume l’atmosphère. Nous sommes environnés de pins d’Alep et de chênes pubescents. Nous revenons au pied de l’église « haute », édifice religieux du XIIème siècle entièrement restauré qui abrite des fresques contemporaines de Giotto. Nous flânons enfin sur la place carrée du village, typiquement provençale. Nous songeons à la fin de notre voyage. Demain, c’est le retour à Abbeville. C’en sera terminé des sommets enneigés, des villages perchés entre ciel et terre, des maisons aux façades colorées baignées par les rayons du soleil, des églises et des chapelles de style roman aux murs épais, des pierres chaudes sur lesquelles aiment à se reposer des chats placides et rêveurs, des effluves de thym, de romarin, des champs de lavande et de chênes truffiers, mais aussi des nuits où scintillent les étoiles posées sur un ciel profond avec, au sud, le halo tremblant de la ville d’Aix en Provence. Ah, oui ! J’allais oublier l’accent chantant des provençaux, leur hospitalité et, bien évidemment, tous ces moments de grâce, l’œil collé à l’oculaire des télescopes, les pieds fichés sur cette terre bénie des dieux, patria nostra.

Fabrice Consil

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